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DREAMERS

ZUNDERLUSTSYLVAIN DUBRUNFAUT
photographies, peintures
jeudi 4 mars – samedi 3 avril 2021
prolongation jusqu’au 3 juillet 2021

L’exposition DREAMERS présente conjointement les collages photographiques de l’artiste Zunderlust et les peintures de Sylvain Dubrunfaut. Comme une invitation à la déambulation estivale, ces deux univers détonnent tout en se rejoignant autour d’une jeunesse vécue ou fantasmée.

Baignés d’une lumière tendre, les corps s’étendent, s’étreignent et se retournent. Figures archétypales ou personnages empruntés, l’individu s’efface au profit des indices d’un âge aux frontières mouvantes. Ne restent que les sensations ou leurs souvenirs. Un pied qui s’immerge dans le sable, un rayon de soleil qui perce à travers une paupière close.

Dans ses collages photographiques, Zunderlust saisit ces corps à la volée et les dérobe à leur contexte. À cette prise de vue initiale il appose des espaces transformés numériquement à la limite de l’abstraction. Avides de sens, c’est en tissant des liens entre ces images qui pourtant accordent toute sa place au hasard, que se jouent nos propres histoires et fantasmes. À cette pratique du terrain répond l’atelier de Sylvain Dubrunfaut et sa série baptisée UN LONG PRINTEMPS. Réalisées pendant le confinement, les œuvres synthétisent un autre regard sur la jeunesse perçue à travers films et photographies. Les images choisies pour ce qu’elles sont et ce qu’elles évoquent pour l’artiste conservent alors toute l’instantanéité de leurs médiums d’origine et les révèlent par le temps long et différé que permet la peinture.
En empruntant ces corps, cet élan de vie, partout où l’on peut le trouver, et par un habile mouvement d’appropriation visuelle, tous deux ouvrent la possibilité de s’y (re)connecter un instant.

Nourries par une envie plus ou moins consciente de saisir cette impalpable vitalité juvénile, ni les photographies ni les peintures de cette exposition n’imposent une lecture. Si cette atmosphère créée par la réunion de deux approches distinctes laisse libre court à nos imaginaires individuels et collectifs, leur réunion soulève également certains enjeux esthétiques. Ici, alors que la peinture a digéré sa matière première, souvent photographique ou cinématographique, la photographie elle, se pare d’un cadre ornemental en déployant ses artifices pour aspirer au pictural. De cette convergence naît une tension entre les médiums qui ouvre encore d’avantage la multiplicité des regards possibles sur ces fragments d’intensité.